Impacts des objectifs contraignants de réduction de GES sur l’agriculture européenne

Le Centre commun de recherche (JRC) vient de publier son rapport sur l’évaluation économique de la politique européenne d’atténuation de GES sur le secteur de l’agriculture. Issu du projet « ‘Economic assessment of GHG mitigation policy options for EU agriculture » (EcAMPA) lancé en 2013, ce rapport présente les résultats de six scenarii, construits selon des hypothèses concernant un abattement homogène ou hétérogène des GES, avec ou sans marché de droits d’émissions, puis avec un montant progressif de subventions. Ces scenarii se basent sur une prise en compte partielle de la nouvelle PAC: l’étude ayant été lancée plus tôt, les mesures de la PAC 2014-2020 ne correspondent pas exactement à la transposition que les États membres ont pu en faire. De même, les technologies considérées dans cette étude ne représentent pas l’éventail de pratiques disponibles et accessibles aujourd’hui sur le terrain pour diminuer les émissions de GES. Les technologies considérées sont : méthanisation individuelle ou collective, utilisation d’inhibiteur de nitrification, meilleure gestion de la fertilisation, agriculture de précision pour éviter les écarts de rendements et modification de la ration des animaux (ruminants surtout). A retenir pour bien comprendre les résultats: dans le cadre de cette étude, l’essentiel de la réduction des émissions de GES est réalisée par un ajustement structurel de la production agricole (taille de cheptel, rendements et surface agricole utile), en particulier pour le secteur de l’élevage. De plus, en accord avec les formats couramment utilisés, les puits et sources de CO2 issus du changement d’utilisation des sols, la consommation d’énergie fossile à la ferme et les émissions indirectes liées à la fabrication des intrants ne sont pas comptabilisés ici. La synthèse des résultats montre que pour un objectif de de réduction de 19% et 28% des GES par rapport à 2005, le cheptel européen de bovins viande diminuerait de 31% à 54% et la production de viande de 18% à 31%.
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