Maladies à transmission vectorielle : l’EFSA cartographie les voies d’entrée potentielles de 25 agents pathogènes dans l’UE

Ce rapport scientifique de l’EFSA identifie les voies d’entrée potentielles de 25 agents de maladies à transmission vectorielle dans des États membres de l’Union européenne (UE) actuellement indemnes. L’analyse couvre 12 maladies listées dans le cadre de l’Animal Health Law (Loi sur la santé animale, LSA) et 13 non listées, sélectionnées selon des critères d’éligibilité prédéfinis. Elle distingue les voies liées aux vecteurs (tiques, culicoïdes, phlébotomes, moustiques, mouches piqueuses) des voies non vectorielles, notamment les mouvements d’animaux vivants, les migrations de faune sauvage, certains produits germinaux ou, pour un nombre limité d’agents, des produits d’origine animale. Ce travail constitue une étape préparatoire pour de futures évaluations du risque à l’échelle européenne, en apportant un cadre structuré pour examiner l’introduction, la diffusion et l’impact potentiel de ces maladies.

Ce rapport constitue une étape préparatoire aux évaluations ultérieures des risques, au niveau de l’UE, d’introduction, de propagation et d’impact de ces maladies, en privilégiant l’identification des voies d’introduction plutôt que l’estimation des risques. Les données ont été recueillies au moyen d’analyses documentaires narratives structurées, complétées par l’avis d’experts. Les voies d’introduction ont été classées comme vectorielles ou non vectorielles.

Une approche prudente, fondée sur l’inclusion, a été appliquée : seules les voies considérées avec une forte certitude comme épidémiologiquement non pertinentes ont été exclues. Pour les agents pathogènes transmis par les tiques, la seule voie d’introduction vectorielle potentielle est la dissémination des tiques fixées au bétail, à la faune sauvage ou aux animaux de compagnie. Pour les agents pathogènes transmis par les phlébotomes, l’introduction peut se produire par dispersion locale et expansion progressive des populations de vecteurs établies. Pour les agents pathogènes transmis par les Culicoides, la dispersion par le vent des moucherons adultes, y compris sur de longues distances, est considérée comme une voie d’entrée potentielle, tandis que le vol actif et le transport par véhicule ne sont pertinents que sur de courtes distances. Pour les agents pathogènes transmis par les moustiques, l’introduction de moustiques adultes par voie aérienne est considérée comme une voie d’entrée potentielle pour tous les agents pathogènes concernés.

Concernant le virus du Nil occidental, les voies d’entrée potentielles supplémentaires incluent le vol actif depuis les zones touchées voisines, l’expansion des populations de moustiques et la dispersion par le vent. Pour les agents pathogènes transmis mécaniquement par les mouches piqueuses (virus de la dermatose nodulaire contagieuse, Besnoitia besnoiti et virus de l’anémie infectieuse équine), les voies d’entrée liées aux vecteurs se limitent aux déplacements actifs et à la dispersion par le vent sur de courtes distances dans les zones où les agents pathogènes sont déjà présents dans l’UE, le transport passif par véhicules terrestres étant considéré comme une voie d’entrée supplémentaire plausible.

Les voies d’entrée non vectorielles impliquent principalement le déplacement d’animaux vivants via le commerce du bétail, les déplacements d’animaux de compagnie ou la migration de la faune sauvage lorsque des hôtes infectés pénètrent dans des zones où vivent des vecteurs compétents. Les produits germinatifs ne sont pris en compte que pour les agents pathogènes présentant une transmission verticale avérée, tandis que les produits d’origine animale ne concernent qu’un nombre limité d’agents pathogènes. Globalement, le rapport propose un cadre structuré pour appuyer l’évaluation, au niveau de l’UE, des voies d’introduction des maladies à transmission vectorielle.

Référence : European Food Safety Authority (EFSA), Dhollander, S., Baltusyte, I., Bigoni, F., Broglia, A., Figuerola, J., Thulke, H.-H., & Chueca Miranda, M. A. (2026). Potential entry pathways for 25 vector-borne disease agents. EFSA Journal, 24(5), e10059.

Source : EFSA Journal

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