L’élevage dans des paysages alimentaires et de pensées en évolution (Traduction)

Les principales transitions sociétales et épistémiques de l’humanité reflètent également les changements de son approche du système alimentaire. C’est particulièrement le cas s’agissant des interactions entre l’Homme et les animaux et la consommation d’aliments d’origine animale (viande rouge en particulier et, dans une moindre mesure, produits laitiers, œufs, volaille et poisson). La chasse a été de loin la forme la plus ancienne de subsistance humaine, suivie d’une transition diffuse vers l’agriculture et l’élevage. Cette transition s’est finalement stabilisée sous la forme d’un modèle contrôlé par l’État et basé sur la domestication des plantes et des animaux, ainsi que sur le travail humain.
Un changement vers un paradigme post-domestique a été initié au cours du 19e siècle dans les populations urbanisées de l’Anglosphère, qui a été caractérisée par la montée des industries agroalimentaires, un approvisionnement accru en viande et une déconnexion de la chaîne alimentaire de la majorité de sa population. Si cette situation a permis d’améliorer la malnutrition, diverses menaces mondiales sont apparues en parallèle. Ces dernières comprennent, entre autres, une crise de santé publique, le changement climatique, les pandémies et les angoisses des classes sociales. Cet état de fait est instable, ce qui crée les conditions d’une nouvelle épistéme qui pourrait évoluer au-delà de simples ajustements du modèle actuel.
Au moins deux scénarios disruptifs émergent des discours sur l’alimentation tant de la part des scientifiques que des médias. Poussé à l’extrême, le premier scénario se traduit par l’abolition radicale du bétail, le ré-ensauvagement, un régime alimentaire « uniquement végétal » et l’idéologie végane. Une deuxième option consiste en une approche holistique de l’élevage, impliquant des interactions plus harmonieuses et plus riches entre l’Homme, l’animal et la terre. Les auteurs de cette publication soutiennent qu’au lieu de plaidoyers réactifs pour consommer moins ou pas du tout, les futures réflexions devraient mettre l’accent sur « plus de ce qui est bon ».
Référence : Leroy F, Hite AH, Gregorini P. Livestock in Evolving Foodscapes and Thoughtscapes. Front Sustain Food Syst. 14 July 2020. https://doi.org/10.3389/fsufs.2020.00105
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