Une méta-analyse fait le point sur l’impact de la consommation de viande rouge sur le statut en fer (TRADUCTION)
La carence en fer est un problème de santé publique mondial. Face à ce constat, la consommation de viande rouge est souvent citée comme une solution efficace. Pour vérifier cette hypothèse, une revue systématique de la littérature et une méta-analyse ont été menées, évaluant près de 5 000 études. Ces travaux ont examiné l’impact d’une augmentation de la consommation de viande rouge sur les niveaux de fer chez les adultes, révélant des bénéfices mesurables sur les concentrations d’hémoglobine et de ferritine. L’étude souligne le besoin d’une consommation étalée dans la durée, pour obtenir des résultats significatifs.
La carence en fer est la carence nutritionnelle la plus répandue dans le monde. L’intérêt pour les approches alimentaires visant à améliorer et maintenir le statut en fer est croissant.
Une revue de 5 000 études pour évaluer l’impact de la consommation de viande
Une revue systématique de la littérature a été réalisée afin d’identifier, d’évaluer de manière critique et de méta-analyser les données issues d’études d’intervention ayant examiné l’effet d’une augmentation de la consommation de viande rouge sur le statut en fer chez l’adulte.
La recherche a été effectuée dans les bases de données PubMed, Web of Science, Scopus, Embase, Cochrane, SPORTDiscus et Google Scholar, ainsi que par d’autres stratégies de recherche complémentaires jusqu’en octobre 2024. Les critères d’inclusion pour les articles examinés étaient : participants adultes âgés de 18 à 70 ans, interventions impliquant ≥ 4 semaines d’augmentation de la consommation de viande rouge, présence d’une condition témoin appropriée, et mesure d’au moins un biomarqueur du statut en fer. La recherche initiale a identifié 5 212 articles, dont 10 (n = 397 participants) ont rempli les critères d’inclusion.
Viande rouge et statut en fer : des bénéfices mesurés
L’effet des interventions sur les marqueurs du statut en fer a été analysé à l’aide d’un modèle méta-analytique multivarié, et l’effet modérateur potentiel de plusieurs variables a été pris en compte. La méta-analyse finale a inclus 42 effets (k) concernant la ferritine sérique (k = 25) et les concentrations d’hémoglobine (Hb ; k = 17). Les interventions impliquant une augmentation de la consommation de viande rouge n’ont pas eu d’effet significatif sur les concentrations de ferritine sérique (différence moyenne brute [RMCD] = 1,87 μg/L ; IC à 95 %, -0,73 à 4,48 ; t = 1,619 ; P = 0,139), mais ont eu un effet positif sur les concentrations d’Hb (RMCD = 2,36 g/L ; IC à 95 %, 0,71 à 4,02 ; t = 3,297 ; P = 0,011).
L’analyse des modérateurs a révélé un effet positif de l’augmentation de la consommation de viande rouge sur les concentrations de ferritine sérique lorsque l’intervention durait au moins 8 semaines (RMCD = 2,27 μg/L ; IC à 95 %, 0,87 à 3,67) et au-delà de 16 semaines (RMCD = 5,62 μg/L ; IC à 95 %, 0,67 à 10,6).
L’augmentation de la consommation de viande rouge peut améliorer le statut en fer, comme l’indiquent les augmentations des concentrations de ferritine sérique et d’Hb.
Référence : Laura McManus, Katherine Veras, Vinicius S Faria, Mika Manninen, Brendan Egan, Effect of Increasing Red Meat Intake on Iron Status in Adults with Normal and Suboptimal Iron Status: A Systematic Literature Review and Meta-Analysis of Intervention Studies, Nutrition Reviews, Volume 83, Issue 8, August 2025, Pages 1389–1401.
Source : Nutrition Reviews
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