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Actualités - du 25 au 26 Avr 2017.

Veaux : 6ème Symposium International de la filière Veau à la Baule, retour sur 2 journées riches en échanges, réflexions et projets d’avenir pour la filière

Les 25 et 26 avril 2017 s’est tenu le 6ème symposium International de la filière Veau au Palais des Congrès Atlantia de la Baule, organisé par INTERBEV Veaux avec le soutien de la Région Pays de la Loire, de la Confédération Nationale de l’Elevage et de la Filière Française du Cuir. Un événement majeur puisqu’il a lieu une fois tous les 5 ans, et pour lequel plus de 450 participants venus de 10 pays différents ont fait le déplacement.

C’est autour de la signature « Re-Veal Your Mind » que l’ensemble des professionnels de la filière, qu’ils soient éleveurs, intégrateurs, abatteurs, distributeurs, fabricants d’aliment, de matériels ou de bâtiments, se sont rassemblés pour partager des constats, ouvrir le dialogue, proposer des démarches de progrès, répondant à la fois aux défis de demain et aux attentes sociétales.

Ainsi pour Alexandre Merle et Marc Butruille, respectivement Président et Vice-Président de la Section Veaux d’INTERBEV, « ce Symposium doit être à l’image de notre filière : moderne et interactif pour répondre aux enjeux que sont notamment le renouvellement des générations et les attentes des consommateurs ».

Retour sur cet événement où se sont succédés près de 40 intervenants internationaux (Canadiens, Néerlandais, Italiens…), venus livrer leur regard et permettre ainsi à la filière de poursuivre ses objectifs : ceux de valoriser ses spécificités, de maintenir sa dynamique et d’être proactive.

S’adapter et répondre aux nouvelles attentes des consommateurs

La filière veau, au même titre que toutes les autres filières, doit prendre en compte les nouvelles attentes des consommateurs. Aujourd’hui, un nouveau profil de consommateur se dessine et s’affirme : selon Christine Roguet – ingénieur agronome et chef de projet à l’IFIP – « les débats de société sont très vifs et universels entre les pays d’Europe en particulier. La question environnementale était prégnante dans les années 80 ; celle du bien-être animal a commencé à se poser dans les années 90 ; la prise en compte de la santé humaine en lien avec l’usage des antibiotiques a été très présente à partir des années 2 000, et depuis on observe une critique générale de l’élevage dans sa globalité ». Le débat est désormais philosophique et porte d’avantage sur le droit animal et sa place face à l’homme et à la société. La filière veau est consciente de ces changements : évolution des systèmes d’élevage et transparence sur les pratiques doivent faire partie de sa feuille de route, pour être valorisées auprès du consommateur.

Pour s’adapter aux évolutions du comportement des consommateurs, les points de vente métamorphosent leurs rayons, ré-enchantent la zone « marché ». Ils proposent des produits adaptés aux attentes de rapidité et de praticité, comme démontré par François Mulette – artisan boucher – à travers la découpe «Rapid’Veau» qui permet de préparer des pièces bouchères simples et rapides à cuisiner.

Pour Nathalie Hutter Lardeau – nutritionniste – la filière veau a également tout intérêt à rappeler les qualités nutritionnelles du produit car « la nutrition remobilise par rapport à la santé et à la prévention ». En effet, la viande de veau a toute sa place dans un régime alimentaire sain et équilibré : elle apporte tous les nutriments essentiels et est la plus riche en vitamine B12.

Face à la dé-consommation, la viande de veau a également des atouts à faire valoir à l’export : c’est le message qu’a fait passer Lara Messie, du groupe Giraudi, aux professionnels d’une filière jusqu’alors peu tournée vers le commerce international.

Adapter la production de veaux de boucherie pour être plus performant

Dans un souci de compétitivité, les acteurs de la filière veau doivent aussi pouvoir s’adapter rapidement aux nouvelles exigences et opportunités des marchés, tout en maîtrisant la qualité du produit fini.

L’un des enjeux majeurs réside dans l’alimentation des jeunes veaux (qui représente 50 à 60% du coût de production du veau). Face à la volatilité des matières premières laitières, les pratiques alimentaires se sont diversifiées et d’après Thomas Billé – DG adjoint du pôle Feed du groupe Laïta -, l’index d’efficacité alimentaire s’est dégradé. Pour autant, selon Joop Lensink – enseignant chercheur à l’ISA de Lille – l’augmentation de l’apport d’aliment fibreux comporte des bénéfices en termes de bien-être animal, observé tant d’un point de vue comportemental, qu’au niveau de la santé digestive des animaux…

L’autre enjeu de progrès concerne l’usage raisonné des antibiotiques pour lutter contre le développement de l’antibiorésistance animale et humaine. Pour Jean-Yves Madec – chef du pôle antibiorésistance de l’ANSES – « les débats autour de l’antibiorésistance répondent à un enjeu de santé publique majeur et deviennent une question internationale. Le progrès ne passe toutefois pas forcément par le « zéro antibiotique », et la question des alternatives mérite réflexion, sans négliger l’hypothèse selon laquelle il existe de « vraies alternatives » qui ne sont pas liées à la pharmacie. ».

Amener des jeunes veaux en bonne santé dans les ateliers d’engraissement fait partie des enjeux de réussite de la filière. Comme l’a expliqué Thierry Lorent – vétérinaire, le renforcement du système immunitaire des veaux passe ainsi par le savoir-faire de l’éleveur naisseur, sa bonne maîtrise technique et son sens de l’observation. Béatrice Mounaix – Chef de projet Santé et bien-être des ruminants IDELE – a par ailleurs rappelé 2 déterminants importants de la qualité des jeunes veaux : la maîtrise des circuits d’approvisionnement et les bonnes pratiques en matière de transport. C’est sur ce sujet que s’est récemment investi le SBK, interprofession néerlandaise du veau de boucherie, avec la mise en place d’une plateforme de coopération entre les éleveurs naisseurs, les transporteurs, les engraisseurs, les négociants et les centres de rassemblement. Cette nécessité d’une collaboration entre les filières lait et viande se trouve renforcée par les résultats d’une étude réalisée par l’ANSES et présentée par Emilie Gay – chercheuse épidémiologiste – qui montre une prévalence de la résistance aux céphalosporines de 3ème génération très élevée en début d’engraissement, ce qui laisse supposer que l’acquisition de cette résistance majeure se fait avant l’entrée des veaux en atelier…

Le bâtiment d’élevage est un élément clé, contribuant aux réponses à fournir face aux enjeux de bien-être et de santé des animaux, de performance technique, mais également de renouvellement des générations et de développement durable. Le Symposium a été l’occasion d’imaginer le « bâtiment 2.0 ».

La question de l’empreinte environnementale de la production de veau a été également au cœur des débats. L’organisation d’ateliers participatifs a permis de proposer des leviers d’action pour optimiser cette empreinte. Pour Nicolas Martin – ingénieur agronome à la Fédération Européenne des Fabricants d’Aliments Composés – « la filière doit être proactive, et initier une réflexion commune, avec des engagements collectifs pour mettre en œuvre une méthode crédible et robuste ».

Enfin, la filière française du cuir a présenté ses propositions pour accroître la production de cuir de veaux de qualité et pour répondre à la demande exigeante des entreprises du luxe.

Les Produits Tripiers de veau étaient également mis à l’honneur et la vitrine préparée par Pascal Gonnord, artisan tripier, était l’une des attractions phares du Symposium.

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