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Retour sur la Convention Annuelle d’INTERBEV du 28 juin 2017

Actualités   -   28/06/2017

Retour sur la Convention Annuelle d’INTERBEV du 28 juin 2017

Cette année, la convention annuelle d’INTERBEV avait pour thème « Le Pacte pour un Engagement Sociétal », démarche officialisée en février 2017, à l’occasion du salon international de l’agriculture. Son objectif ? Engager une réflexion de toute la filière élevage et viande autour d’un projet collectif et ouvrir des perspectives durables sur les sujets sociétaux, notamment environnement, protection animale et nutrition humaine. Près de 200 participants ont ainsi suivi échanges et débats ce mercredi 28 juin à la Chesnaie du Roy (Paris 12e). L’occasion de mieux comprendre les rouages de la démarche, de se l’approprier et de se sentir investi par ce travail collectif. Parmi les invités, l’interprofession a eu notamment le plaisir d’accueillir Philippe Mauguin, Président Directeur Général de l’INRA, Gérard Bailly, Sénateur du Jura, Président du groupe d’études Elevage du Sénat et Jean Bizet, Sénateur de la Manche, Président de la Commission des Affaires européennes du Sénat. Les journalistes de la presse agricole et professionnelle (La France Agricole, Actuagri, Pleinchamps, l’agence Socopag, les Marchés…) étaient également présents.

La convention annuelle INTERBEV a aussi été particulièrement suivie sur les réseaux sociaux : 288 occurrences utilisant le #ConvINTERBEV, émanant d’une centaine d’utilisateurs ; 46 tweets émis par le compte @Interbev_fr (82% du volume de prises de parole), générant 40 000 impressions.

Comme l’a rappelé d’emblée en introduction Dominique Langlois, Président d’INTERBEV, « c’est par le dialogue que la filière peut progresser vers un futur commun, une vision concertée avec ses parties prenantes ». Une manière de mettre en avant une volonté commune pour aller plus loin dans l’amélioration des pratiques et tendre toujours à plus de progrès : « Si nous voulons être les acteurs de notre avenir, nous en prenons le chemin avec notre pragmatisme, nos valeurs, nos convictions et surtout notre envie de réussir ».

Après que Bernard Collin, référent du groupe de travail nutrition de la Commission Enjeux Sociétaux d’INTERBEV, ait rappelé l’historique et les objectifs de la création du Pacte pour un engagement sociétal, sa méthodologie basée sur la norme ISO 26000 et la première phase d’étude sur l’état des lieux des bonnes pratiques actuelles de la filière, des membres des groupes de travail environnement, protection animale et alimentation/nutrition sont venus présenter les grandes lignes de cet état des lieux à date.

En matière d’environnement, Bruno Colin, membre du groupe de travail Environnement de la Commission Enjeux Sociétaux, a souligné la pluralité des bonnes pratiques existantes à tous les maillons de la filière et ce, depuis plusieurs années. Il a notamment cité la Charte des bonnes pratiques d’élevage, l’outil de diagnostic environnemental Cap’2ER, le programme de réduction des émissions de gaz à effet de serre : Life Beef Carbon, ou encore les concertations entre INTERBEV et les ONG environnementales. Toutefois, la filière souhaite aller encore plus loin et il subsiste des axes d’amélioration auxquels il sera nécessaire de répondre.

De la même manière, concernant le volet de la protection animale, Fabienne Niger, membre du groupe de travail Bien-Etre Animal de la Commission Enjeux Sociétaux, a souligné l’évolution des attentes du consommateur, son fort attachement aux questions de sécurité sanitaire. Ce dernier est en effet désormais en quête de réassurance sur les garanties des conditions d’élevage, de transport et d’abattage. C’est dans ce sens, que tous les professionnels doivent se sentir concernés par la protection animale, qu’ils soient éleveurs, transporteurs ou employés d’abattoirs. Le travail collectif engagé auprès des ONG et des autres parties prenantes permettra ainsi de répondre aux questions soulevées. Là encore, des guides de bonnes pratiques ont été mis en place et constituent une base solide de connaissances en matière de respect de la protection animale. Fabienne Niger a également souligné les autres actions mises en place au sein de la filière telles que la formation obligatoire des opérateurs manipulant des animaux en abattoir, les meilleures conditions en bâtiments d’élevage de veaux de boucherie ou encore la mise en place de cellules départementales pour détecter et aider les élevages en difficulté, avant de conclure que ce sujet nécessite de poursuivre les travaux de recherche pour consolider les bases scientifiques et progresser dans les pratiques.

Sur l’axe de l’alimentation, Patricia Poignet, membre du groupe de travail Alimentation/Nutrition de la Commission Enjeux Sociétaux, a évoqué quant à elle les principaux points figurant à l’état des lieux des bonnes pratiques de la filière sur ces questions alimentaires. Parmi celles-ci : le réseau national de diététiciens référents mis en place depuis 17 ans, le lancement d’études consommateurs et de marché afin de comprendre leurs attentes et de suivre les tendances de consommation, la valorisation de la traçabilité et de l’origine des viandes à travers le logo Viandes de France, etc. Dans ce domaine également de l’alimentation, les prochaines étapes de réflexion devront s’appuyer sur des travaux de R&D, notamment sur le lien entre alimentation animale, impact environnemental et alimentation humaine.

« Les actes impactent »

La deuxième partie de la convention proposait, quant à elle, d’avoir un éclairage extérieur sur la démarche du Pacte pour un engagement sociétal. Quelles sont les conditions de réussite d’un tel engagement  en matière de RSO ? Comment faire accepter le changement et quels en sont les bénéfices ? Autant d’interrogations auxquelles Fabienne Guéneau, responsable RSE d’Orange, a tenté de répondre par son témoignage de ce qui a été mis en place au sein du Groupe. Une démarche qui repose notamment sur un référentiel d’engagements et d’indicateurs mais également sur une concertation avec les parties prenantes (clients, fournisseurs, élus, collectivités locales, médias, ONG/associations, etc…) permettant ainsi de construire une feuille de route et d’orienter les initiatives. Selon Fabienne Guéneau, être dans une posture d’écoute et de dialogue constructif avec les parties prenantes permet à la fois de renvoyer une bonne image de l’entreprise ou de l’organisation, de mesurer et de maîtriser davantage les facteurs de risques (sociaux et environnementaux), de stimuler la recherche et l’innovation et donner du sens au travail de chacun. « S’engager dans une démarche de responsabilité sociétale confère à tous une vraie fierté d’appartenance » : c’est l’un des constats positifs qui vient conclure cette mise en perspective entre l’engagement du Groupe Orange et celui de la filière élevage et viande.

« Les actes, un pacte »

La dernière partie de cette convention a mis à nouveau en lumière toute l’importance du dialogue et de la concertation. Pour en témoigner : Catherine Leclercq, avocate associée chez ARMAND AVOCATS, membre du Conseil de l’Ordre et Médiateur agréé CMAP (Centre de Médiation et d’Arbitrage). Tout au long de son intervention elle a fait la démonstration des nombreux points communs entre la discussion engagée par INTERBEV avec les parties prenantes et la médiation. Le caractère « volontaire » de cette démarche est en effet très important, de même que plusieurs autres facteurs de réussite tels que l’état des lieux préalable, le dialogue et l’écoute entre les parties prenantes pour identifier les attentes réciproques, l’objectif de trouver des points d’accord entre les parties… etc.

Un parallèle entre médiation et concertation qui a naturellement découlé sur le travail très concret mené par INTERBEV avec les ONG environnementales.

Cette présentation à deux voix réalisée par Bruno Dufayet, Président de la Commission Enjeux Sociétaux et Amandine Lebreton, Directrice du Pôle Scientifique et Technique de la Fondation pour la Nature et l’Homme, a permis de rappeler les débuts et l’historique de la concertation, pour lever les aprioris et ouvrir le dialogue afin de trouver des points d’entente.

Pour ce faire, INTERBEV avait mandaté un médiateur qui a servi d’interface pour porter la demande et commencer à bâtir le travail de concertation. Pendant 3 ans, les réunions et visites de terrain se sont succédées et 3 axes de travail prioritaires ont été définis : renforcement de l’autonomie protéique, affinage des indicateurs de durabilité de l’élevage et identification des leviers de l’élevage bovin pour lutter contre le changement climatique. Bruno Dufayet et Amandine Lebreton ont également fait référence à la COP 21 qui a marqué une étape importante dans leur volonté d’agir ensemble et à la sortie de leur publication commune en février 2017 « Elevage bovin allaitant français et climat », document symbolique d’un travail de concertation réussi avec WWF France, FNE, Greencross et FNH.  Sur les points faisant encore débat, Mme Lebreton a notamment évoqué le « manger moins mais mieux » ; ce à quoi le Président d’INTERBEV a réagi positivement : « « manger mieux » c’est notre souhait, mais il faut définir ce que l’on met derrière le terme « mieux » ».

Autre axe de travail évoqué, celui du bien-être animal et pour en parler devant l’assemblée : Laure Paget, adjointe à la cheffe de bureau de la protection animale à la Direction Générale de l’Alimentation. Cette dernière est revenue sur la feuille de route réalisée dans le cadre du plan d’actions sur le bien-être animal lancé par l’ancien ministre de l’agriculture, Stéphane le Foll. Madame Paget a également listé les attentes du Ministère vis-à-vis des professionnels de la filière en matière de travaux sur le bien-être animal. Pour n’en citer que quelques-unes : la promotion des bonnes pratiques, la valorisation des acquis des professionnels français au niveau européen, notamment lors de la création par l’Europe en juin d’une plateforme de concertation sur le bien-être animal, le travail sur la modernisation du matériel et des équipements… etc.

Bruno Dufayet a par ailleurs souligné que les travaux de l’interprofession sur le bien-être animal incluent également une concertation avec les ONG de protection animale « welfaristes » à l’instar de CIWF, WELFARM, l’OABA et LFDA.

Enfin, concernant le volet alimentation humaine, Alain Elie, chargé de Mission de l’Association LEO LAGRANGE pour la Défense des Consommateurs, a expliqué quelles étaient leurs attentes du point de vue de son organisation. Parmi les chantiers ouverts : l’information et l’éducation du consommateur, la composante du prix payé au consommateur et au producteur, le développement de la communication sur les morceaux de viande ou encore l’affichage nutritionnel et environnemental…

Tout au long de cette troisième partie de la convention, de nombreux professionnels de la filière sont intervenus pour exprimer à leur tour des attentes ou mettre en lumière des démarches de progrès déjà engagées.

Pour clore ces échanges, Marc Pagès, Directeur d’INTERBEV a évoqué les prochaines étapes du Pacte pour un engagement sociétal, en insistant sur l’importance de l’engagement collectif : un facteur de réussite souvent cité durant la matinée. Plusieurs pistes sont à l’étude au sein de la Commission Enjeux Sociétaux : la diffusion d’outils et de supports d’information sur le terrain pour favoriser la pédagogie et l’adhésion à cette démarche, la création d’un « Manifeste d’intérêt » pour tous les professionnels de la filière, posant les valeurs et les objectifs partagés du Pacte pour un engagement sociétal, la consolidation d’outils et indicateurs, ou encore l’instauration de Trophées de la RSO, qui pourraient par exemple être décernés lors de l’événement annuel d’INTERBEV : les Rencontres MADE in VIANDE…

Marc Pagès s’est félicité du travail déjà accompli par toutes les fédérations de l’interprofession et a insisté sur le fait que, si les nombreux atouts de la filière doivent être valorisés, il faut aussi avoir conscience de ses faiblesses pour progresser.

En conclusion de la convention INTERBEV 2017, Dominique Langlois a accueilli Philippe Mauguin, Président Directeur Général de l’INRA, qui a salué l’initiative de la filière élevage et viande à travers ce Pacte pour un engagement sociétal et rappelé l’importance de la recherche, pour apporter les bases scientifiques indispensables et permettre à la filière de trouver des solutions techniques en réponse aux défis de durabilité qui restent encore à relever.