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Accords de libre-échange Union européenne – États-Unis/Mercosur

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Actualités   -   20/05/2014

Accords de libre-échange Union européenne – États-Unis/Mercosur

Plus des 3/4 des Français s’opposent à l’introduction de viandes bovines américaines en France et en Europe

Paris, le 20 mai 2014 – À quelques jours des élections européennes et en plein coeur des négociations commerciales qui se tiennent actuellement entre la Commission européenne et le Canada, les États-Unis et les États membres du Mercosur, et pourraient aboutir à l’entrée de plusieurs centaines de milliers de tonnes de viandes bovines américaines en Europe dans le cadre d’accords de libre-échange, INTERBEV, l’Interprofession Bétail et Viande, alerte les responsables politiques et l’opinion publique sur les conséquences de telles importations, à droits de douane nuls.

Animaux engraissés en feedlots (parcs d’engraissement), largement nourris aux antibiotiques et autres activateurs de croissance : les viandes bovines américaines sont, certes compétitives en termes de coût, mais issues de systèmes de production radicalement différents de nos systèmes d’élevage et ne répondant pas aux normes imposées aux producteurs de viandes françaises. Une telle ouverture du marché européen à ces viandes américaines serait donc parfaitement contraire aux attentes des citoyens français et européens sur les plans sanitaire, social et environnemental. De surcroît, elle affaiblirait fortement les producteurs français.

Les consommateurs français rejettent l’idée d’importer des viandes bovines produites selon les normes de production américaine

Selon une étude d’opinion portant sur l’importation de viandes bovines américaines en Europe, 74 % des Français se déclarent opposés à l’introduction, en France comme en Europe, de viandes bovines produites sur le continent américain. Parmi eux, près de la moitié (46 %) y sont même « tout à fait opposés ». Cette opposition est encore plus forte quand la question des antibiotiques – utilisée « en routine » aux États-Unis – est posée : 82 % des Français sont contre l’idée d’introduire en France des viandes produites à partir d’animaux nourris aux antibiotiques.

INTERBEV se mobilise et lance un appel aux futurs représentants de la France au Parlement Européen

Renforcer la transparence des négociations, arrêter les concessions, préserver et valoriser les centaines de milliers d’emplois – majoritairement implantés dans les territoires ruraux – que représente la filière viande française, imposer une réciprocité en termes de contraintes de production : voilà quelles doivent être, selon INTERBEV, les exigences des futurs eurodéputés français face à la Commission européenne. Par ailleurs, au regard des répercussions extrêmement préjudiciables susceptibles de toucher la filière viande, INTERBEV estime absolument indispensable que soit menée, dans les plus brefs délais, une étude d’impact global des accords de libre-échange USA, Canada, Mercosur. Enfin, l’Interprofession demande que soient impérativement consultés les parlements nationaux avant la validation de tout projet d’accord.

1 Enquête OpinionWay pour INTERBEV réalisée début mai 2014 auprès d’un échantillon représentatif de la population française de 1 063 personnes, consommant de la viande bovine, âgées de 18 ans et plus. Intégralité de l’étude disponible sur simple demande.

Au total, des accords de libre-échange qui pourraient porter sur 300 à 600 000 tonnes de viandes bovines américaines

La Commission européenne finalise actuellement avec le Canada un accord prévoyant l’ouverture du marché européen – via des contingents à droits de douane nuls – à 65 000 tonnes de viandes bovines canadiennes. C’est sur la base de cet accord que se négocie désormais, dans des conditions peu transparentes, le Partenariat Transatlantique de Commerce et d’Investissement (TTIP), qui pourrait porter sur des contingents 5 à 6 fois plus importants. Il en est de même pour les négociations en cours avec le Mercosur : au total, entre 300 et 600 000 tonnes de viandes bovines produites sur le continent américain pourraient être importées en Europe.

Ces quantités sont d’autant plus importantes :

  • que la Commission européenne n’impose à ses partenaires commerciaux aucune réciprocité en termes de contraintes de production. Ces viandes seront donc extrêmement compétitives, puisqu’issues de systèmes de production entièrement tournés vers la rentabilité et soumis à des réglementations quasi-inexistantes en matière d’alimentation animale (recours massif aux antibiotiques comme activateurs de croissance, aux farines animales…), de traçabilité, de bientraitance des animaux ou de protection de l’environnement,
  • que les exportateurs américains viseront en particulier le segment de marché européen des morceaux de qualité, c’est-à-dire le marché des viandes produites à partir des troupeaux de races à viandes.

Un système de production de viande bovine américain en totale contradiction avec le modèle de production français

En France :

  • Des exploitations d’élevage dit « intensif » (engraissement de jeunes bovins) qui comportent en moyenne entre 60 et 200 vaches. 90 % des aliments du troupeau produits sur l’exploitation, 80 % de la ration de base des bovins composée d’herbe, sous forme pâturée ou de foin, accompagnée de maïs et de tourteaux.
  • Un principe de précaution obligatoire (logique préventive) : identification des animaux du lieu de naissance au lieu d’abattage, hygiène, suivi sanitaire…
  • Obligations réglementaires strictes en matière de bientraitance des animaux d’élevage (conditions d’hébergement, ration alimentaire…).
  • Durée maximale de transport des animaux : 8 h.

Aux États-Unis :

  • Des espaces artificiels de production réduits et surchargés, pour un niveau de rendement maximum.
  • Selon l’USDA, le ministère de l’Agriculture des États-Unis, 2/3 des bovins américains sont engraissés au sein de feedlots (parcs d’engraissement) contenant plus de 8 000 bovins, tandis que les feedlots de plus de 32 000 bovins représentent 39 % de la production.
  • Une alimentation sans herbe, à base de maïs OGM et de ce que les Américains appellent la « technologie » : additifs alimentaires utilisés comme activateurs de croissance (hormones*, antibiotiques…).
  • Une logique « curative » : identification des animaux et traçabilité facultative, animaux sales, traitement systématique des carcasses avec des substances chimiques.
  • Aucune réglementation en matière de bientraitance animale.
  • Durée maximale de transport des animaux : 28 h.

*L’Europe interdisant les importations de viande hormonée, les viandes bovines américaines produites en vue de leur exportation en Europe sont garanties sans hormones. Pour en savoir plus, un dossier de presse dédié aux comparaisons entre production de viande bovine en France, aux États-Unis et dans les pays membres du Mercosur, est également disponible sur demande.

Pour en savoir plus, un dossier de presse dédié aux comparaisons entre production de viande bovine en France, aux États-Unis et dans les pays membres du Mercosur, est également disponible sur demande.