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Viande rouge et cancer colorectal : suite du débat entre experts

Suite à l’article, « Epidemiological evidence for the association between red and processed meat intake and colorectal cancer » ouvrant la polémique concernant l’article « How can we approach consensus on the healthiness of red meat?” Oslo nov 2013), 17 experts de ce workshop répondent à D Corpet et al.  Synthèse : Les experts rappellent ce qu’ils ont dit dans la revue et indiquent que certains mots du  résumé ont été contestés par D Corpet et al., dans une lettre à l’éditeur. « Ce résumé pouvait laisser croire que l’association observée dans les études observationnelles entre la viande rouge et le risque de cancer colorectal était peu probable, ce qui n’est pas le cas », indiquent-ils. « L’intention des auteurs était de pointer le fait qu’il existe des incohérences entre les données des études observationnelles et celles expérimentales ». Les experts rappellent que les études dans le domaine sont difficiles à mener, que leur revue est un résumé de ce qui s’est dit au workshop et « que la phrase du résumé qui a posé problème à D. Corpet n’est pas représentative du contenu de la revue ni du consensus adopté par les auteurs ». Ils reprennent les remarques de Corpet et al et indiquent leur accord avec le fait que les données des méta-analyses associent la consommation de viande rouge à l’augmentation du risque de cancer colorectal et que le risque varie de 1.1 à 1.3 pour 100g de viande rouge par jour, selon de récentes méta-analyses. Les données varient selon l’âge et l’origine ethnique des sujets, ce qui laisse penser certains experts que cet effet puisse être lié à des éléments confondants. Les experts reprennent les causes et mécanismes possibles en jeu et remarquent que les données ne montrent pas des relations dose-réponse linéaires pour certains composés comme les nitrosamines, HAP et amines hétérocycliques. Ils font d’autres remarques concernant les résultats liés à d’autres composés suspectés d’agir (lipoperoxydes, ) et concluent qu’il est clair que d’autres facteurs interviennent comme l’activité physique, des composés phytochimiques, le statut/apport en calcium, des interactions gènes-alimentation, l’effet matrice alimentaire,etc. Les auteurs pensent que l’action de ces facteurs ne devrait pas empêcher d’observer une relation linéaire entre la consommation de viande rouge et le risque de cancer colorectal pour des consommations de 30 à 100g/jour de viande rouge. Or, les données ne montrent pas de relation linéaire. Mais les experts rappellent qu’ils sont d’accord avec D. Corpet et al sur le fait que les modulateurs de la cancérogénèse colorectale sont si puissants qu’il serait possible d’éteindre toute influence  de la viande rouge sur le développement cancéreux. Ce qui diffère entre eux et D Corpet et al., est la certitude que la viande rouge est la cause directe du cancer colorectal. Source : Letter to the Editor: Colorectal cancer risk and association with red meat — Is it inconsistent? Answer to the letter by Corpet, De Smet and Demeyer. LO Dragsted et coll 2014 Meat Sci Aug 24. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25150631    

Article 26/59 du dossier "Viande, alimentation et cancer"

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