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Revue d’experts sur le rôle de la viande rouge et des produits dérivés dans le développement du cancer colorectal

Un groupe de 23 experts, réunis à Oslo en novembre 2013, a passé en revue les études les plus récentes traitant de l’association entre la consommation de viande rouge ou de viande transformée (charcuterie) et le risque de cancer, chez l’Homme ou l’animal. Leur objectif était de discuter des moyens d’accéder à un consensus sur la relation entre la santé et la consommation de viande rouge. Cette publication évoque les incertitudes scientifiques concernant les preuves du lien entre la consommation de viandes rouges ou transformées et le risque de cancer colorectal et émet des recommandations auprès des chercheurs et des industriels pour faire avancer la compréhension sur cette relation. Selon ces experts, la consommation de viande pourrait être associée à une augmentation du risque de cancer colorectal dans les populations occidentales. Toutefois, les relations montrées souffrent de la présence de nombreux effets confondants. Pour ces experts, la viande contient des composés d’intérêt nutritionnel et n’est pas cancérogène en elle-même. Cependant, lorsqu’elle est consommée en très grande quantité, ceci peut conduire à un déséquilibre de l’alimentation et ainsi augmenter le risque de développement d’un cancer colorectal. Plus précisément, ce déséquilibre alimentaire peut conduire à un déficit en éléments protecteurs comme le calcium ou des phytonutriments, aptes à contrer l’action des composés toxiques issus de la cuisson des viandes ou provenant de l’interaction entre le fer héminique et un environnement intestinal défavorable. Les auteurs estiment d’ailleurs que cette question d’équilibre ou de déséquilibre alimentaire est l’une des principales explications aux différences de résultats observés entre les études réalisées chez l’animal et celles réalisées chez l’Homme ; l’alimentation des animaux de laboratoire dans ce cas n’étant en rien comparable à celle des Hommes : très riche en viande, elle ne comporte aucun autres aliments pouvant avoir un effet protecteur au niveau intestinal (fruits et légumes, produits laitiers, etc.). De nouvelles études sont nécessaires pour mieux connaitre les mécanismes impliqués. Elles devront utiliser des biomarqueurs de consommation des viandes et prendre en compte plusieurs éléments comme les marqueurs d’inflammation, les changements d’expression de gènes, les prédispositions génétiques des individus, le microbiote ou encore, les paramètres d’obésité. D’autres études sont également nécessaires pour comparer l’effet des différents types de viande.

Source : The role of red and processed meat in colorectal cancer development: A review, based on findings from a workshop. Marije Oostindjer et coll., 2014 Meat Sci Feb 24. sciencedirect.com

Article 29/59 du dossier "Viande, alimentation et cancer"

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