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Consommation de viandes rouges transformées (charcuterie), antioxydants et risque de cancer du sein

Selon un récent essai sur la base de l’étude SUVIMAX, la consommation de viandes rouges brutes (viandes « fraiches » non transformées) ne serait pas associée au risque de cancer du sein chez les femmes pré ménopausées. Une consommation élevée de charcuterie serait, elle, associée à une  élévation de ce risque mais un apport d’antioxydants pourrait moduler cette association. Objectif : Les études relatives aux relations entre la consommation de viandes rouges et le risque de cancer du sein sont encore peu nombreuses. La majorité d’entre elles ne montre pas de relations mais certaines présentent des résultats différents et les données mécanistiques suggèrent que certains antioxydants pourraient moduler cette relation. L’objectif était donc de rechercher les relations entre les consommations de viandes rouges et produits dérivés et le risque de cancer du sein et d’étudier l’effet d’une supplémentation en antioxydants (120mg vitamine C, 30mg vitamine E, 6mg bêta-carotène, 100µg sélénium et 20 mg zinc) sur cette association. Méthodologie : Les données de l’étude SUVIMAX lancée en 1994 ont été utilisées. Elles incluent 4684 femmes dont 190 ont développé un cancer du sein entre 1994 et 2007. Leur alimentation a été évaluée d’après des enregistrements réalisés entre 1994 et 1995. Les charcuteries considérées étaient les viandes de porc et de bœufs  ayant subi des transformations par salaison, séchage, fumage…et incluaient le jambon, bacon, salami, mortadelle, pâté de foie, saucisses, boudins et autres charcuteries. Résultats : Le risque de cancer du sein n’était pas associé à la consommation de viande rouge « brute » ou « fraîche » c’est-à-dire non transformée. En revanche, il était directement associé à des consommations de charcuteries avec un risque de 1.45 (0.92-2.27 ; p=0.03) et cette association était plus forte lorsqu’on excluait le jambon cuit (HR=1.90 (1.18-3.05 ; p=0.005). Les charcuteries étaient associées à une augmentation du risque de cancer du sein chez les femmes pré-ménopausées mais pas chez celles post-ménopausées. Les analyses stratifiées montraient que la consommation de charcuteries était directement associée au risque de cancer du sein dans le groupe placebo uniquement, c’est-à-dire ne recevant pas le complexe d’antioxydants à doses nutritionnelles (HRQ4 versus Q1=2.46 (1.28-4.72), p=0.001). L’association n’était pas retrouvée dans le groupe supplémenté en antioxydants (HRQ4 versus Q1=0.86 (0.45-1.63), p=0.7). Conclusion : Cette étude suggère que des consommations de charcuteries peuvent être associées à une élévation du risque de cancer du sein et que  les antioxydants pourraient moduler cette association en contrant les effets potentiellement pro-cancérigènes des composés comme le PhIP contenu dans les produits dérivés de la viande rouge. Source : Prospective association between red and processed meat intakes and breast cancer risk: modulation by an antioxidant supplementation in the SU.VI.MAX randomized controlled trial. Pouchieu C, Deschasaux M, Hercberg S, Druesne-Pecollo N, Latino-Martel P, Touvier M. Int J Epidemiol. 2014 Jul 3.http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/24994839  

Article 44/59 du dossier "Viande, alimentation et cancer"

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