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Consommation de viandes et risque de cancer colorectal : influence des modalités de cuisson

Les préférences de cuisson semblent moduler l’association entre les consommations élevées de viandes blanches, rouges et transformées avec l’augmentation du risque de cancer colorectal.   Contexte : Le rôle potentiel des pratiques de cuisson des viandes n’a pas encore été établi dans les relations observées entre l’augmentation du risque de cancer colorectal et les consommations élevées de viandes. Cela pourrait expliquer en partie l’hétérogénéité des résultats observés entre les études épidémiologiques. Ces chercheurs se sont donc penché sur cette question en examinant les données d’une cohorte espagnole multi cas-témoins (MCC-Spain). Méthodologie: 1671 cas de CRC et 3095 témoins ont été recrutés en Espagne entre septembre 2008 et décembre 2013. Ils ont rempli un questionnaire de fréquence de consommations dont des questions spécifiques sur celles des viandes. Les risques (OR) et les intervalles de confiance (IC) ont été estimés par modèles de régression logistique ajustés sur les facteurs de confusion. Résultats : Chez les hommes, les sujets avec CRC ont tendance à consommer plus de viande que les femmes et présentent plus de préférences pour les viandes davantage cuites. Chez les femmes, seule la préférence pour des viandes plus cuites différencie les cas des témoins. Une consommation élevée de viande (toutes viandes) est associée à un risque accru de cancer colorectal (OR (T3-T1)= 1,41; IC 95%: 1,19-1,67; P<0,001). Des associations similaires sont observées pour la viande blanche (OR (T3-T1)= 1,24; IC 95%: 1,05-1,47; P=0,012), la viande rouge (OR (T3-T1)= 1,28; IC 95%: 1,09-1,51; P=0,003). Ces associations sont observées pour la viande totale, transformée et rouge chez les hommes, mais chez les femmes uniquement pour la viande blanche. Concernant les préférences de cuisson, seule une différence de risque est observée entre le « saignant » et le « à point ; pas entre le « à point » et le « bien cuit ». La préférence pour les viandes saignantes est associée à un risque plus faible de cancer colorectal concernant la viande rouge (OR (saignant vs à point)= 0,66; IC 95% 0,51-0,85) et la viande totale (OR(saignant vs à point)= 0,56; IC 95% 0,37-0,86). Mais ces associations ne sont significatives que chez les femmes. La consommation élevée de viande grillée / cuite au barbecue est associée à un risque accru de cancer colorectal (viande totale: OR=1,45, IC 95% 1,13-1,87) par rapport à ceux qui n’en consomment pas. Les viandes mijotées (OR=1,25; IC 95%: 1,04-1,51) et cuites au four (OR =1,18; IC à 95%: 1,00-1,40) sont associés à une augmentation du risque de cancer colorectal pour la  viande blanche, mais pas pour la viande rouge. Conclusion : Pour les auteurs, cette étude soutien l’hypothèse d’une modulation par les pratiques culinaires de l’augmentation du risque de cancer colorectal avec des consommations élevées de viandes  blanches, rouges ou transformées et celles totales avec une augmentation du risque de cancer colorectal. Source : De Batlle J, Gracia-Lavedan E, Romaguera D, Mendez M, Castaño-Vinyals G, Martín V, Aragonés N, Gómez-Acebo I, Olmedo-Requena R, Jimenez-Moleon JJ, Guevara M, Azpiri M, Llorens-Ivorra C, Fernandez-Tardon G, Lorca JA, Huerta JM, Moreno V, Boldo E, Pérez-Gómez B, Castilla J, Fernández-Villa T, Barrio JP, Andreu M, Castells A, Dierssen T, Altzibar JM, Kogevinas M, Pollán M, Amiano P. Meat intake, cooking methods and doneness and risk of colorectal tumours in the Spanish multicase-control study (MCC-Spain). Eur J Nutr. 2016 Nov 24

Article 54/59 du dossier "Viande, alimentation et cancer"

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