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Cancer colorectal et viande rouge ou transformée : une revue bibliographique sur les mécanismes explicatifs potentiels

Selon les auteurs de cette revue de la littérature scientifique, les premières hypothèses mécanistiques ne suffisent pas à expliquer l’association entre les consommations élevées de viande rouge et le risque de cancer colorectal. Plusieurs mécanismes sont intriqués et des recherches supplémentaires sont nécessaires. Résumé de la revue : Le cancer colorectal est le troisième cancer le plus fréquemment diagnostiqué dans le monde. La grande majorité des cas est associée à des causes environnementales plutôt que génétiques. Ces dernières années, plusieurs études épidémiologiques ont observé une association entre la consommation de viande rouge et de ses produits dérivés et le cancer colorectal. Des hypothèses mécanistiques ont aussi été proposées. Celles qui ont reçu le plus d’attention concernant la présence d’hydrocarbures aromatiques polycycliques et d’amines hétérocycliques aromatiques, la stimulation de l’effet de l’hème (nitrosyl) sur la formation de composés N-nitrosés et la peroxydation lipidique. Mais aucune de ces hypothèses n’explique complètement le lien observé entre les consommations de viandes rouges et de produits dérivés et le risque de cancer colorectal. Des chercheurs ont proposé des mécanismes supplémentaires ou ont revu leurs hypothèses. La première partie de la revue se consacre au cancer colorectal, sa prévalence, ses causes génétiques, la présence d’une inflammation et l’influence du microbiote dans son développement. Plusieurs mécanismes impliquant les composés présents dans la viande rouge et ses produits dérivés et pouvant interférer au cours des différentes étapes du développement du cancer colorectal sont évoqués. Les hypothèses peu probables sont celles de l’implication des graisses, des protéines, un virus bovin oncogène, l’acide arachidonique, des hormones de croissance, des pesticides, du formaldéhyde. Les données récentes peinent à démontrer un lien lorsque les facteurs confondants sont pris en compte. L’implication des hydrocarbures aromatiques polycyclique comme cause de la relation entre les viandes et le cancer colorectal doit être limitée au processus de cuisson (avec flamme). Le rôle des amines hétérocycliques dépend grandement des méthodes et préférences de cuisson des viandes et aussi des capacités individuelles à activer ces amines hétérocycliques en composés mutagènes (N-acétylation). Plutôt que de pointer les amines hétérocycliques comme cause de cancer, c’est une prédisposition génétique particulière qui serait le principal facteur pouvant expliquer l’association entre les amines hétérocycliques de la viande et le développement du cancer. Concernant les composés N-nitrosés, très présents dans notre environnement (produits laitiers, poisson, épices, environnement, tabac,…), absents des viandes fraiches, mais présents dans les charcuteries, ils sont à 45-75 % le résultat d’une production endogène à partir de précurseurs présents dans les protéines. Plusieurs facteurs (pH, flore intestinale…) conditionnent leur formation. Quant-aux données sur l’hypothèse de l’implication du fer héminique, certaines sont discutées par les auteurs. Pour les auteurs, les procédés de transformation des viandes rouges en charcuterie devraient être revus. La controverse de la viande blanche (le porc contient presque autant de fer héminique que la volaille mais est considérée comme une viande rouge) est évoquée et l’implication d’un nouveau facteur, le Neu5Gc (présent dans le porc et les autres viandes rouges mais absent de la volaille et du poisson) et son interaction avec le fer héminique et des composés génotoxiques (amines hétérocycliques, hydrocarbures aromatiques polycycliques) pourraient expliquer l’association observée entre la consommation de viandes rouges et le cancer colorectal et l’absence d’association avec la volaille et le poisson. Des recherches sur ce facteur sont donc nécessaires. Source : Mechanisms Linking Colorectal Cancer to the Consumption of (Processed) Red Meat: A Review. Demeyer D, Mertens B, De Smet S, Ulens M. Crit Rev Food Sci Nutr. 2015 May 15:0

Article 38/59 du dossier "Viande, alimentation et cancer"

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