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Analyse prospective des relations entre les composés mutagènes issus des viandes et le cancer colorectal

Selon l’analyse des données de la Nurses’ Health Study et de la Health Professional Follow-up study, les apports en composés mutagènes (amines hétérocycliques) produites durant la cuisson des viandes ne seraient pas associés à l’augmentation du risque de cancer colorectal. Objectif de l’étude : Les auteurs ont examiné l’association entre les consommations estimées en amines hétérocycliques et autres composés mutagènes dérivés de la consommation de viande dans deux cohortes de professionnels de santé, des infirmières (Nurses’ Health Study) et des hommes professionnels de santé (Health Professional Follow-up study). Méthodologie : les consommations de composés mutagènes dérivés des viandes (MeIQx, PhIP, DiMeIQx, et le score de mutagénicité de 26 615 hommes et 65 875 femmes ont été estimés à l’aide d’un questionnaire établi en 1996 et prenant en compte les méthodes de cuisson (viandes et poisson), ainsi qu’un questionnaire de fréquences de consommations alimentaires établi en 1994 ainsi que deux bases de données (CHARRED et NCI 2006) sur le contenu en composé mutagènes des viandes. Résultats : Entre 1996 et 2010, 418 cas de cancer colorectal chez les hommes et 790 cas chez les femmes ont été identifiés. Les apports en composés mutagènes provenant des viandes n’étaient pas statistiquement significativement associés à un risque de cancer colorectal plus élevé par rapport aux plus faibles consommations [pour le MeIQx : HR=1,12 (0,93-1,34), p=0,23 ; pour le PhIP : 1,10 (0,90-1.33), p=0,35; pour le score de mutagénicité HR=1,03 (0,86-1,24), p=0,75] ou selon la localisation de la tumeur (proximale, distale ou du rectum). Lors de l’analyse selon la viande, le PhIP provenant de la viande rouge, mais pas celles provenant de la viande blanche, était associé positivement (mais non significatif) au cancer colorectal et associé positivement aux cancers proximaux [viande rouge : HR=1,06 (0,99-1,12), proximal : HR =1.11 (1.02-1.21) ; Viande blanche HR=0,99 (0,94- 1,04), proximal : HR=1,00 (0,93, 1,09)].Les associations restaient similaires lorsque l’on ajustait selon les viandes fraiches, les charcuteries, le poulet, le poisson, les graisses saturées, les folates, le calcium ou les fibres. Les associations n’étaient pas modifiées après ajustement selon l’IMC et le tabagisme. Conclusion : Les apports estimés en composés mutagènes provenant des viandes ne sont pas associés au risque de cancer colorectal après 14 années de suivi dans les deux cohortes Nurses’ Health Study et la Health Professional Follow-up study. Source : A Prospective Analysis of Meat Mutagens and Colorectal Cancer in the Nurses’ Health Study and Health Professional Follow-up Study. Le NT, Michels FA, Song M, Zhang X, Bernstein AM, Giovannucci EL, Fuchs CS, Ogino S, Chan AT, Sinha R, Willett WC, Wu K. Environ Health Perspect. 2016 Apr 22

Article 35/59 du dossier "Viande, alimentation et cancer"

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